Journée Internationale pour l’Avortement sûr, légal et accessible

La RDC déterminée à mettre en œuvre l’article 14 du Protocol de Maputo.

Le monde entier a célébré le 28 septembre dernier, la journée internationale pour l’avortement sûr, légal et accessible. En République Démocratique du Congo, cette journée édition 2018 a été célébrée sous le thème : « pour qu’aucune femme ne meurt ni ne souffre d’un avortement clandestin en RDC : agissons pour sauver des vies ». Ainsi pour ce faire, une conférence-débat a été organisée à Kinshasa par les huit organisations membresde la Coalition de Lutte contre les Grossesses Non Désirées (CGND)dont quatre organisation nationales de la société civile, à savoir  Abef-Nd, Afia Mama, Cafco,Si Jeunesse Savait et quatre des orgnanisations internationales entre autre Pathfinder, Care, Médecins du Monde,avec l’appui technique et financier de l’Ong Internationale « Ipas ». L’on a noté au cours de cette grande activité qui a connu la présence des jeunes universitaires, des organisations féminines nationales, la participation des organismes internationaux tels que Médecins sans Frontières, Guttmacher et du Programme National de Santé de l’Adolescent.

Devant les participants, la Ministre du Genre, Enfant et Famille, Chantal SafouLopusa, a, au nom du gouvernement congolais, réaffirmé l’engagement de son pays à sauver des vies des femmes. Ces dernières, victimes des violences sexuelles et de toutes sortes de discriminations à leur égard.

Ainsi pour mettre fin à cette mortalité maternelle, la RD Congo a ratifié le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, le Protocole de Maputo, pour la défense des droits et l’autonomie des femmes.

« Notre pays a adhéré sans réserve au Protocole de Maputo, un texte juridique africain jugé symbolique et historique du fait qu’il indique la détermination des pays africains à mettre un terme aux discriminations et aux violences de toutes sortes faites aux femmes », a dit la patronne du genre de la RDC, Chantal SafouLopusa.

Dans son dernier point de presse tenu lors du lancement de la campagne de vulgarisation du protocole de Maputo à travers toute la République, la Ministre avait affirmé que : « l’intégration du Protocole de Maputo est une étape positive pour assurer la protection d’un vaste ensemble de droits des femmes sur les plans de la santé, économique et social. La mise en application du Protocole est essentielle pour garantir aux femmes la capacité d’exercer leurs droits, y compris en ce qui concerne l’accès à des services de santé reproductive. »

C’est ainsi qu’elle a réaffirmé, à l’occasion de la journée international de l’avortement sécurisé, la volonté de son ministère d’accompagner les femmes et les communautés dans la compréhension de ce nouveau contexte, pour qu’elles aient afin accès aux soins de santé de qualité et aux droits qu’ils leur sont dues.

De l’article 14 du Protocole de Maputo

A travers l’article 14 dudit Protocole, dans son alinéa 2, point C qui stipule : « protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus », la RD Congo vient répondre à un problème qui a longtemps préoccupé la société congolaise.

Ceci parce qu’en dépénalisant la pratique de l’avortement en RDC, aucune femme ne trouvera la mort en cas d’une grossesse non-désirée qui la pousse à avorter clandestinement avec l’utilisation des produits non appropriés. Mettre fin aux avortements clandestins relève d’un engagement responsable du gouvernement de la RDC, surtout au cas où la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ou en cas d’agression sexuelle, de viol ou d’inceste.

« En matière de santé publique, assurer l’accès de tous aux soins de santé de la reproduction et faire en sorte que chacun puisse exercer ses droits en matière de procréation, ainsi qu’il en a été décidé dans le programme d’action de la conférence internationale sur la population et le développement, le programme d’action de Beijing ainsi que dans les documents finaux des conférences d’examen qui ont suivi, est bénéfique aux nations et à l’ensemble de l’humanité du fait de son impact sur la réduction de la mortalité maternelle à travers le monde », a affirmé la ministre Chantal Safou.

De la circulaire du président de la Cour Constitutionnelle

Après avoir ratifié le Protocole de Maputo, et sa publication dans le journal officiel de la République Démocratique du Congo le 14 mars 2018, une circulaire du président de la Cour constitutionnelle a été publiée le 19 avril 2018 dans le Journal Officiel. Cette dernière demande aux chefs de juridictions et offices des parquets de procéder immédiatement à l’application de cette disposition du Protocole de Maputo ratifié par la RDC depuis 2006.

L’avortement thérapeutique est bel et bien autorisé en RDC. Les chartes internationales ratifiées ont une suprématie sur les lois nationales, selon la Constitution.

Maintenant, le plus grand travail reste la vulgarisation de cette disposition légale qui, une fois connue du grand public, pourrait diminuer sensiblement les avortements clandestins à la base de plusieurs cas de décès et des complications chez les femmes.

L’avortement clandestin est la deuxième cause de la mortalité maternelle en RDC, selon l’Enquête démographique et de santé (EDS) 2013-2014. En plus, 10% de grossesses non désirées se terminent par cet avortement à risque.

Après l’étape des discours, les organisations nationales et internationales ont fait des états de lieux sur la problématique des avortements clandestins, proposant ainsi des pistes de solution pour leur éradication, conformément à l’article 14 du Protocole de Maputo.

Avant le mot de clôture prononcé par la secrétaire général au Genre, deux femmes qui ont perdu leurs filles mineures pour cause d’avortement non-sécurisés, ont témoigné devant l’assistance, fustigeant cette pratique clandestine, en lieu et place des avortements sûrs, légaux et accessibles.

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